ITW d’entrepreneur français aux US : de la banque à la crêpe

« La crêpe, c’est ma madeleine de Proust. »

Rencontre avec un français entrepreneur aux US. Il nous confie son histoire, et quelques clefs pour ceux qui voudraient tenter l’aventure. Partir d’une idée simple et créer un restaurant à succès. Quelles stratégies ? Pourquoi ça marche ?
Adil, une petite quarantaine et le sourire aux lèvres, nous dit tout.

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Bonjour Adil, merci d’avoir accepter de répondre à mes questions et d’être le tout premier à inaugurer la partie ‘Entrepreunariat aux US’ de mon blog.

– Alors dis moi, quel est ton parcours ? comment es-tu arrivé aux USA ?

Adil : Il y a maintenant 10ans que je suis ici, et je suis arrivé par amour. A paris, je travaillais dans la communication.
J’ai commencé à travailler ici dans la banque. Après un entretien et alors que je n’avais pas le diplôme requis, j’ai eu le poste, je n’aurai jamais imaginé cela. Le principe de méritocratie fonctionne bien aux USA : la manière de se présenter et l’investissement que l’on a dans son travail sont pris en compte !
–> infos sur le VISA E2, entrepreneur )

-De la banque à la crêpe alors ? 

Adil : La banque était pour moi un monde fictif ou je vendais des produits aux personnes alors qu’elles n’en avaient pas besoin. Je voulais un travail traditionnel, j’étais à la recherche de création, vendre quelque chose de palpable, qui produit un sourire.
La crêpe, c’est bon, c’est simple, tout français l’a connu dans son enfance. Ma mère en faisait tellement que je m’en plaignais ! La crêpe, c’est ma madeleine de Proust !
( –> Madeleine de Proust, c’est quoi? )

J’ai commencé avec un triporteur : un chariot à 3roues, qui représente une sorte de tradition française de la ferme, des fêtes villageoises.
Je me souviens le premier jour avoir fini toutes mes crêpes en 1heure, je n’avais pas préparé assez de matériel. Je baladais mon triporteur dans tous les coins de la ville. Chaque jour je me suis amélioré, je me suis habitué, professionnalisé. Je me sentais de plus en plus heureux chaque matin, même sous la neige, j’allais bosser !
( –> l’histoire de la crêperie )

– Qu’est ce qui a plu dans ton concept pour que tu transformes ton triporteur en restaurant ?

Adil : Tout d’abord le produit frais : la crêpe est cuisinée devant le client, il voit chaque ingrédient, c’est servi chaud, il peut la manger à toute heure. C’est comme le bon vieux pain cuit au four devant toi, ça excite les papilles !
Le client américain teste. Il dira toujours que c’est bon, mais si il aime, il reviendra ! Il cherche le goût et surtout la qualité.

Je crois aussi un concept qui marche bien c’est celui de la personne qui bosse et qui se donne à fond. Les gens m’ont identifié, on a créé un vrai lien : chaleureux et convivial. Ils viennent toujours manger leur crêpe au restaurant !
( –> conseil d’un expert-comptable )

Pour faire face à une demande croissante, il fallait de l’espace une interface organisée. L’idée du restaurant a alors émergée : garder le même concept mais prenant le temps de déguster assis, dans un espace convivial.
–> entreprendre aux US: pourquoi ca marche? )

– Quel a été le chemin pour développer ton entreprise aux USA ? Les aspects administratifs et légaux ?

* Je me suis d’abord rendu aux Services Sanitaires de la ville pour avoir une Licence. C’était long : beaucoup de documents, de conditions. Particulièrement concernant la pasteurisation des aliments, qui est très réglementée aux USA. Cela reste quand même plus simple qu’en France. Les Etats-Unis sont « business friendly ». C’est à la fois dynamisant et encourageant.

* L’université de Yale a été encourageante dans la création de la crêperie, ils souhaitent diversifier l’offre que la ville peut faire aux étudiants et aux visiteurs. Leur concours a été décisif dans la signature du bail des locaux.

* Côté produits, ça n’a pas été facile au début. Trouver du bon brie ou du bon camembert demande du temps, des essais et des ratés. j’ai maintenant de bons fournisseurs, fermiers pour la plupart !

* Pour le recrutement : après avoir utilisé le système des annonces et vu qu’il ne fonctionnait pas, j’ai décidé de recruter au feeling ou par réseau. J’ose demander aux gens avec qui j’ai un bon contact s’ils sont intéressés de travailler ici.

* La fiscalité est très importante aux USA. Bien qu’il y est moins de paperasses qu’en France, on ne peut pas en négliger le coût et le temps à y consacrer.
–> les différents impôts aux USA )

* J’ai un comptable, indispensable pour gérer la partie chiffre d’affaire, fiche de paye, imposition… je n’ai pas besoin d’avocat ou d’agent immobilier.
(–> anticiper la fiscalité de son entreprise aux USA)

– Des conseils ou qualités qu’il faut avoir, d’après toi, pour réussir aux US ?

Adil : Même si tu as les moyens de commencer grand, commence petit.
Dans la restauration et le service, le noyau dur : c’est d’aimer les gens, être sociable.

– Développer ton projet t’as pris beaucoup de temps ? Comment vois tu la suite ?

Adil : J’ai aimé et j’aime m’investir pour la crêperie, je ne compte plus mes heures. Je ne fais plus de différence entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle, tout est imbriqué !

Pour la suite, je compte ouvrir un restaurant à raclette, et j’ai dans l’idée de développer un réseau national de Crêpes Choupette.

– Le petit plus pour la fin, quel est le produit français qui te manque le plus ?

Adil : là, maintenant, tout de suite, je suis prêt à prendre l’avion… POUR UN BŒUF BOURGUIGNON !

–> cas d’entrepreunariat échoué aux USA
–> l’histoire de la crêpe

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Willy M. dit :

    Article très intéressant Céline! 😀
    Effectivement, il est tellement plus facile d’ouvrir sa boîte aux US qu’en France.
    Puis je pense surtout qu’il te laisse bien de plus de chance de réussir, le temps que l’entreprise soit rentable , alors qu’en France on te demande des comptes tout de suite…

    Aimé par 1 personne

  2. Michel Robert Poudenx dit :

    les bonnes galettes encore par ici: http://delicesarrasin.com/

    Aimé par 1 personne

  3. Bravo pour votre réussite, j’ai vu pas mal de crêperie se créer ici, peu de réussite, malheureusement. Le conseil de commencer petit même si on a les moyens est pertinent car il faut apprendre, s’adapter… et garder du cash sous le coude est primordial. Bonne continuation surtout !

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